L’Atlantide, les Bahamas et la route de Bimini

Les Bahamas constituent une Région remarquable dans l’Histoire du Monde puisque c’est sur l’une des îles de cet archipel, l’île de San Salvador, que Christophe Colomb a posé pour la première fois le pied sur le continent américain, le 12 octobre 1492.
Mais il existe une Histoire moins officielle et plus controversée qui fait de l’archipel bahaméen l’une des implantations possibles de la mythique Atlantide, donnant à cette Région une dimension encore plus passionnante.
L’extralucide américain Edgar Cayce (1877-1945) eut de nombreuses visions de ce qu’était la civilisation atlante. Entre 1939 et 1940, il délivra une prédiction très détaillée indiquant que des vestiges de l’Atlantide seraient trouvés en 1968 ou en 1969 devant les côtes des îles Bimini dans l’archipel des Bahamas: « Le continent de l’Atlantide occupait une position située entre le Golfe du Mexique d’une part, et la Méditerranée d’autre part. On trouvera des preuves de l’existence de ce continent perdu dans les Pyrénées, au Maroc, au Honduras britannique, au Yucatán et aux États-Unis. Il reste certaines émergences […] qui devaient, à une époque ou une autre, faire partie de ce vaste continent. Les Indes occidentales britanniques, ou Bahamas, sont parmi ces vestiges. Si l’on effectuait des sondages géologiques dans ces îles, ou dans le Gulf Stream et notamment aux abords de Bimini, on trouverait certainement des preuves déterminantes ».
Bimini est un archipel des Bahamas découvert en 1512 par l’Espagnol Juan Ponce de León, qui pensait y trouver la fameuse « fontaine de jouvence » des légendes des Indiens antillais. En 1968, conformément à la prédiction de Cayce, des structures sous-marines d’un aspect particulier y furent découvertes, immergées vraisemblablement sous l’action du lent affaissement du plateau des Bahamas et du rehaussement ininterrompu du niveau des eaux marines dû à la fonte des glaces polaires. L’aspect, la nature et l’ancienneté datable des structures de Bimini interrogeaient fortement sur leur origine : avaient-elles été tracées par la nature ou par la main de l’homme, et si elles étaient artificielles, à quelle civilisation pouvaient-elles bien appartenir ?
Le 2 septembre 1968, le zoologue J. Manson Valentine découvre ce qu’il nomme un « complexe mégalithique sous-marin » et relate ses découvertes dans différents articles de presse. Toujours en septembre 1968, de prétendus blocs de pierre immergés, alignés sur huit cents mètres et bientôt appelés « la route de Bimini », sont découverts au large de Paradise Point dans l’île de Bimini Nord.
Les recherches mettent en évidence une structure rocheuse longue d’environ 66 m et large d’une dizaine de mètres, constituée de gros blocs de pierre réguliers assemblés par une espèce de ciment tout aussi dur. Certains des blocs ont plus de 5 m de côté et leur épaisseur varie entre 50 et 150 cm. Leurs poids atteint assez souvent les 5 tonnes. Les sondages indiquent l’existence d’au moins une deuxième couche de pierre similaire sous la première. La face extérieure du mur est nettement dressée et alignée. Les coins inférieurs sont vérifiables à l’équerre dans les trois axes. Les plongées des explorateurs confortèrent l’idée qu’on avait affaire à une sorte de très ancien port submergé, comportant non seulement des quais, mais aussi une double jetée élargie à certains endroits de façon symétrique. C’est un ensemble de type cyclopéen, dont le mode d’édification s’apparente à celui du mégalithisme d’Europe occidentale. Les variations du niveau marin dans la région permettent de dater correctement la construction. Des calculs précis établissent que les structures de Bimini se trouvaient à l’air libre il y a huit à dix mille ans.
Le géologue Eugene Shinn, de l’Institut de surveillance géologique des États-Unis à Miami, a analysé en détail la « route » et a conclu qu’il s’agissait d’une couche calcaire rocheuse faillée, initialement déposée dans la zone intertidale (entre marées basses et hautes), le long d’anciennes lignes de rivage. Il affirme que la géométrie des failles ne s’explique pas par la main de l’homme mais par les séismes et les mouvements d’affaissement de l’écorce terrestre. Des formations similaires sont connues dans d’autres îles des Bahamas ou du Pacifique.
Une explication complémentaire est que la « route » est un exemple de pavement en mosaïque naturelle. Les concrétions de coquillages et de sable forment des roches sédimentaires très dures pouvant se fracturer avec le temps selon des lignes droites recoupées par d’autres fractures à 90°. Elles sont relativement communes et constituent des attractions touristiques en Tasmanie ou sur les côtes du Venezuela.
La science et l’Histoire officielles cherchent donc des explications conformes à leur vision et sont très mal à l’aise face aux nombreuses découvertes de structures artificielles (murs, routes dallées, ruines de monuments, etc.), similaires à celles de Bimini, faites depuis le milieu du XXe siècle. A proximité de l’îlot de Yonaguni, au sud-est de l’île japonaise d’Okinawa, a été découverte en 1998 une sorte de ziggourat (grosse tour rectangulaire étagée) dont le sommet se trouve à plus de 20 m de profondeur. Sur le littoral de l’île de Lanzarote aux Canaries, une expédition conduite en 1981 par l’explorateur renommé Pippo Cappellano a révélé des structures étranges, un genre d’escalier et des alignements de grosses pierres en forme de carré par 15 à 22 m de fond. L’Atlantique se prête particulièrement à ce genre de découvertes qui posent problème au monde des archéologues et préhistoriens officiels : structures englouties à proximité de Cadix en Espagne, murs sous-marins près du littoral de Madère, escaliers et rampes descendant vers les profondeurs au large de Cuba.
Dans la trilogie romanesque Antilia, le personnage de Nancy Andrew dirige des expéditions archéologiques dans les fonds sous-marins avec l’Atlantis, un navire de recherche financé par des fondations dont l’objectif est de rétablir la vérité sur l’Histoire du Monde en redécouvrant l’existence de ces civilisations englouties.